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La réalité c’est simplement la perte de l’ego

"La réalité c’est simplement la perte de l’ego. Détruisez l’ego en recherchant son identité. Comme l’ego n’est pas une entité, il s’évanouira automatiquement et la réalité resplendira d’elle-même. Voilà la méthode directe, alors que toutes les autres méthodes sont fondées sur la préservation de l’ego. Il émerge tellement de doutes sur ces voies, qu’au final, la question éternelle n’est jamais abordée. Mais dans cette méthode-ci la question finale est la seule et elle est posée dès le départ. Aucun exercice [sadhana] n’est nécessaire à cette quête.
Il n’existe pas de plus grand mystère que celui-ci : nous-mêmes sommes la réalité et nous cherchons à atteindre la réalité. Nous pensons que quelque chose cache notre réalité et qu’il faut le détruire avant de pouvoir la gagner. C’est ridicule. Un jour viendra où vous rirez vous-même de vos efforts passés. Ce dont vous rirez ce jour-là est aussi présent ici et maintenant"

Ramana Maharshi

Le Coq de combat de Ji Shengji

Le roi Xuan de Zhou désirait avoir un coq de combat très fort. Il demanda à l'un de ses instructeurs Ji Shengzi, de l'entrainer.
A Début celui-ci lui enseigna la technique du combat proprement dit.
Au bout de 10 jours le roi demanda :
- Peut-on organiser un combat avec ce coq ?
- Non, non répondit l'instructeur. Il est fort, mais cette force est vide, il est excité et s puissance est éphémére. Il est intrépide et cherche le combat sans réfléchir. Il faut encore que je le prépare.

10 jours plus tard, le roi demanda à l'instructeur :
- Alors, maintenant peut on organiser un combat ?
- Non, non pas encore. Il est passionné, il veut toujours la querelle. Quand il entend la voix d'un autre coq, même d'un village voisin, il se met en colère. Il est haletant et combat dans le vide.

Après 10 nouvelles journées d'entrainement, le roi demanda de nouveau à son instructeur.
- A présent, il est possible d'utiliser ce coq pour le faire combattre ?
- Maintenant il ne se pasionne plus, quand il entend ou voit un autre coq, il reste calme et immobile. Sa posture est juste, sa puissance maitrisée. Il ne se met plus en colère. L'energie et la force ne se manifestent pas à l'extérieur.
- Alors c'est d'accord pour le combat ? s'impatiente le roi.
L'éducateur répondit
- Peut être.

On amena de nombreux coqs de combats et on organisa un tournoi. Mais les autres coqs s'osaient ps s'approcher du coq éduqué par Ji Shengzi. Ils s'enfuyaient, effrayés. Aussi ce coq n'eut-il même pas besoin de combattre.
Il avait dépassé l'entrainement de la technique de lutte. Il avait acquis une énergie intérieure si forte qu'elle n'avait plus besoin de se manifester à l'extérieur. Et les autres coqs ne pouvaient que le percevoir, et s'incliner devant son assurance tranquille et sa force cachée.

Le résultat du match, au fond, n'est qu'une information pour le public.

-Harry... Selon vous, pourquoi est ce que je boxe toujours seul ?
- Demandez-le à vous même.
- Parce que j'ai peur, je crois. J'ai peur de l'échec.
- Mais quand vous êtes allé dans cette salle de Lowell, sur mon conseil, et que vous vous êtes fait massacrer par ce grand noir, qu'avez vous ressenti ?
- De la fierté. Après coup, j'ai ressenti de la fierté. Le lendemain, quand j'ai regardé les bleus sur mon corps, je les ai aimés. Je m'étais dépassé, j'avais osé me battre !
- Donc vous considérez avoir gagné...
- A fond, oui, même si techniquement, j'ai perdu le combat, j'ai impression d'avoir gagné ce jour là.
- La réponse est là : peu importe de gagner ou de perdre, Marcus. Ce qui compte, c'est le chemin que vous parcourez entre le gong du premier round et le gong final. Le résultat du match, au fond, n'est qu'une information pour le public.
Qui à le droit de dire que vous avez perdu, si vous, vous pensez avoir gagné ?
La vie c'est comme une course à pied Marcus. Il y aura toujours des gens qui seront plus rapides ou plus lents que vous. Tout ce qui compte c'est la vigueur que vous avez mise pour parcourir le chemin.

Extrait de "la vérité sur l'affaire Harry Quebert" de Joel Dicker

Relâchement et tuishou

Je me permet de reprendre un article de Maître Luchun trouver sur le site Centre Hunyuan France qui explique parfaitement le concept de relâchement et détente dans les arts martiaux chinois.

Relâchemenet et point d'impact en tuishou

Les pratiquants du Tuishou, poussée de mains, sont conscients de l’importance de ressentir le point d’impact, appelé 'Dian’ en chinois, chez le partenaire. Beaucoup de mes camarades s’appliquent dans cette recherche. Comme les conditions ne sont pas remplies, leur recherche reste souvent vaine.
Selon mon expérience, pour fixer exactement le point de contact, il est nécessaire de relever le niveau de relâchement, appelé ‘song’ en chinois, à travers les entraînements en Hunyuan Gong (travail interne) et en Quan (taolu ou la forme).

I.Le relâchement est la première condition pour capter le point d’impact

1.Relâcher rend le toucher sensible
Relâcher augmente la sensibilité tactile. Imaginons que nous fermons nos yeux et utilisons uniquement les mains au contact d’un objet. Si les mains sont relâchées, nous pourrons détecter la moindre déformation de la zone de contact. Les extrémités de l’influx nerveux pourront transmettre fidèlement les informations qui permettront au cerveau de bâtir un jugement adéquat sur l’objet en question.
Quand nous touchons les matières telles que la soie ou le velours, tout naturellement, nos mains sont souples et douces, et ne sont pas figées. Si nous gardons les mains et les doigts rigides, il est certain que nous passons à côté d’un détail et du petit changement au point de contact.

2.Relâcher aide à garder une pression et un frottement adéquats au point de contact.
Nous devons exercer une pression adéquate sur les doigts et la paume en contact avec le partenaire : avec une pression trop forte, nous serons incapables de capter les changements infimes chez le partenaire, par contre, ce sera lui qui va recevoir ces informations ; avec une pression trop légère, nous ne pourrons pas non plus diagnostiquer ce qui se passe en profondeur chez lui, et de plus, en le quittant, nous n’aurons pas toutes les informations concernant notre partenaire. Les caractéristiques de souplesse et de velouté de nos doigts et de nos mains ne seront mises en valeur que s’ils sont relâchés. Ils seront capables de détecter le changement chez le partenaire et apportent l’ajustement sur leur placement et sur leur pression. En utilisant les principes « Adhérer – Coller – Relier – Suivre », les doigts et les mains jouent leur rôle de sentinelle. Toutes les informations sur le centre de gravité, les forces internes et même les intentions du partenaire doivent être collectées en continu et véhiculées jusqu’au cerveau à travers ces éléments ‘guetteurs‘(les mains et les doigts).
Être relâché est la condition indispensable pour améliorer la capacité de perception, aussi appelée capacité ‘d’écoute’, ‘ting jing’ en Taiji quan. Si l’on n’est pas relâché, il sera impossible de bien capter les informations. Un expert en Tuishou peut faire l’expérience de garder exprès son corps tendu pendant le travail de poussée de main : il s’apercevra que son écoute deviendra moins bonne, baissant ainsi la qualité de son Tuishou.Bien entendu, le relâchement concerne tout le corps et ne s’arrête pas uniquement au niveau des membres supérieurs.


II. Critères pour jauger le travail de relâchement
Comment peut-on savoir si l’on est relâché ou non ? Sur ce sujet, les pratiquants restent souvent perplexes. En effet, le travail de relâchement n’est pas quantifiable. Mais, à un certain degré de relâchement, les différentes sensations vont apparaître. Et inversement, certaines sensations peuvent nous aider à améliorer notre travail de relâchement. Voici quelques-unes de ces perceptions concernant le relâchement que je veux partager avec le lecteur :

1.La sensation de bien-être.
Pendant l’entraînement de la forme ou le Tuishou, quand le relâchement atteint un bon degré, nous sentons un certain bien-être. Ce bien-être est différent du confort d’être reposé sur un sofa, différent de la sensation de détente lors d’une séance de thé ; il est aussi différent du contentement ressenti quand on admire un beau tableau ou devant un joli paysage. Cette sensation de bien-être n’apparait qu’après avoir éliminé les tensions accumulées et les durcissements musculaires. Elle va de l’intérieur vers l’extérieur, d’une manière globale.

2.La sensation de ’poids’
Pendant l’entraînement de la forme ou le Tuishou, quand le relâchement atteint un bon degré, nous sentons un certain ‘poids’. Ce poids peut être senti sur tout le corps. Dès la naissance, la force d’attraction terrestre n’a cessé d’agir sur nous. Etant né et vivant avec cette attraction terrestre, notre corps s’en est adapté et ignore son propre poids. Quand nous arrivons à bien nous relâcher, un supra état est engendré, les sensations physiologiques sont aiguisées à l’extrême. Ce qui permet de ressentir notre propre poids.

3.La sensation du calme
Pendant l’entraînement de la forme ou le Tuishou, quand le relâchement atteint un bon degré, une sensation de sérénité envahit la personne. A ce moment, nous sommes sensibles à toutes les activités environnantes. En entrant dans un calme profond, nous pouvons capter d’infimes mouvements tout autour, comme par exemple entendre la chute d’une aiguille de pin sur le sol. Or, quand nous sommes agités, nous ne pouvons pas entendre ce bruit si fin. C’est pourquoi, le degré de calme est aussi une jauge du travail de relâchement atteint.

4.La sensation de flux (flux sanguin et énergétique)
Pendant l’entraînement de la forme ou le Tuishou, quand le relâchement atteint un bon degré, une certaine sensation de fluidité transparaît. Quand on obtient une bonne détente musculaire et articulaire, l’obstruction sur la circulation sanguine et sur la fluidité énergétique est levée. Guidé par l’intention, les mouvements spiralés dynamisent tout le métabolisme fonctionnel. Par exemple, un patient atteint d’une hernie discale a ses muscles au niveau cervical bloqués provoquant une compression artérielle pour le côté du membre supérieur correspondant. Tout ce membre reste froid. C’est un exemple typique dû au non relâchement physique, engendrant une mauvaise circulation.

5.La sensation de la globalité.
Pendant l’entraînement de la forme ou le Tuishou, quand le relâchement atteint un bon degré, une certaine sensation d’unité transparaît : On dirait que tout le corps est constitué d’une multitude de petites balles et de grandes balles qui se relient entre elles. « Dès un élément bouge, tout se met à bouger ». Ainsi, la sensibilité d’un endroit est transmis au ‘cœur’, une force exercée à un endroit va être compensée par d’autre endroit du corps, d’une manière harmonieuse. En prenant l’image d’un arbre, un adage disait : « Une branche bouge, cent branches bougent ». Il illustre parfaitement ce ‘phénomène’. Toute tension musculaire diminue la qualité de transmission des signaux. Elle influence sur la bonne coordination de la motricité. Si l’arbre est fait d’acier, il n’y aura pas ce phénomène de : « Une branche bouge, cent branches bougent ».
A part la motricité et la transmission de l’information, il y a aussi l’unité entre l’externe et l’interne. Ceci nécessite un travail de ‘globalité’ important. Il n’est pas traité dans ce texte. L’unité entre l’externe et l’interne exige une étape de travail encore plus élevée ; ce n’est pas à ce niveau qu’on peut l’expérimenter.


III.Quelques observations

1.Eviter de généraliser
Etant donné que chaque personne est différente, on ne peut pas rechercher les mêmes ressentis que son voisin : on n’a pas toutes les sensations pareilles et ce n’est pas sûr que toutes les sensations nous arrivent simultanément ! Les ressentis similaires expriment tout simplement un certain degré de relâchement, mais ce degré est très différent selon les personnes.

2.Eviter de brûler les étapes
Le relâchement est quelque chose de naturel. C’est une indication de notre état physique et psychique. Dans la vie quotidienne, nous sommes sans cesse mis sous tension, aussi bien pour le corps que pour le mental. Ainsi, à travers de longs entrainements de la forme, du Tuishou, jusqu’aux exercices de Hunyuan Qigong, nous devons systématiquement faire ce travail de relâchement pour le rendre automatique. Cet automatisme ne s’installe que si le travail est atteint. Ce relâchement est différent que les notions de détente ou de mollesse, il est obtenu après de longs entraînements, c’est un état naturel supérieur. On dit souvent : ‘l’eau arrive quand la tuyauterie est prête’. On ne peut pas obtenir cet état naturel en brûlant les étapes ! Il faut se donner du temps pour s’entraîner au relâchement.

3.Eviter de s’entêter
Les quelques exemples cités ci-dessus montrent les traits caractéristiques de l’état de relâchement. Avec ces sensations, c’est le signe qu’on est sur de bonne voie concernant ce sujet et cela suffit. Il faut éviter de rechercher ces sensations à tout prix. Ces sensations t’indiquent que tu es relâché à un certain degré et c’est tout. Le chemin reste long. Il ne faut pas s’entêter dessus.

4.Essayer de doser
Toute chose a un cadre. Si le relâchement n’est pas suffisant, cela ne va pas marcher. Mais son excès ne marche pas non plus : ce n’est pas ‘plus c’est relâcher, mieux c’est’. En effet, si l’on en fait trop, cela devient ‘non tenu’. Par exemple, en Tuishou, la posture ‘relâchée’ correspond à l’état d’observation et d’action imminente.


IV.Résumé.
Lao zi disait : « L’eau s’approche du Dao, la ‘Voie’. Elle est ‘souple’ et coule vers le bas, mais elle peut tout, perce tout. Gouttes par gouttes, elle peut percer les roches. »
Ainsi, de l’extrême souplesse, on peut aboutir à l’extrême fermeté. L’extrême fermeté est née de l’extrême souplesse. La souplesse et le relâchement en Taiji quan sont obtenus grâce aux entraînements assidus et de longues durées. A travers des exercices souples, doux, en spirale, ronds, non figés et en coordination avec tout le corps, pour finir, on arrive à se concentrer et se relâche au point d’impact ciblé. Ce travail ciblé est le résultat de l’union entre l’intention, le Qi et la force.
En analysant les éléments sur le Relâcher song - Plongeant chen – Calme jing du corps et du résultat obtenu, on constate que les sensations comme paisible, serein, confortable et doux, stable et enraciné, léger et souple sont présentes. L’énergie suit l’intention pour circuler, le corps suit l’intention pour se déplacer. L’intention et le corps ne forme qu’un. Son corps vibre, son esprit tranquille, son souffle profond, une sensation de confort s’exprime par un bien-être, sans aucune pensée parasite. Les mouvements sont comme le courant d’un fleuve, en flux continu et imperturbable. En mouvement, tout le corps y participe, comme un lièvre dans sa course, impressionnant comme la montagne ‘Tai shan’ (Montagne sacrée, située à l’Est, dans la province Shandong) écrasant son adversaire. En revenant au calme, on ne peut y déposer une plume, un insecte ne sait pas où poser. Tout est uni et exprime « adhérer – coller – suivre – non heurter ».
Notre entraînement au quotidien inclut tous ces éléments : le calme et le relâchement, la rondeur et le non figé des mouvements, le naturel de l’exécution. C’est à travers notre entraînement du travail interne Gong, des expériences sur le terrain que nous pouvons prendre conscience du processus suivant : du calme au relâchement, du relâchement au point d’impact.
Ainsi, il faut d’abord accomplir le travail de relâchement, pour ensuite saisir la notion sur le point d’impact, la cible.
Ces lignes servent simplement l’envie de partager un peu mon point de vue.

Zhan Zhuang et force instinctive

je me permet de reprendre un article du site de l'école Kung fu Binh Dinh, concernant le Yiquan, qui explique très bien l’intérêt de la posture statique pour la santé mais aussi pour les arts martiaux.

Zhan Zhuang
La pierre angulaire de la pratique du Yi Quan est le Zhan Zhuang (posture de l'arbre). Ce travail de postures est d'abord destiné à entraîner le corps, dans le but de le renforcer. Celles-ci sont toujours associées à une pensée (image mentale) et à une ou des " directions de mouvement ". Par la concentration sur une image mentale et sur ces petits mouvements que réalise le pratiquant, tout le corps se détend. A son tour, la décontraction de l'ensemble du corps entraîne la libre circulation de l'énergie vitale (Qi) à l'intérieur des méridiens. Tout le corps en bénéficie, et se trouve ainsi tonifié et renforcé.
Ensuite par ce travail mental, le cerveau commande aux faisceaux musculaires de l'ensemble du corps. Ceci entraîne un deuxième effet majeur : la qualité, la quantité et la vitesse d'information transmise par le cerveau aux muscles s'en trouvent augmentées. - Par cet entraînement, dans un premier temps, on sollicite donc des liaisons neuromusculaires " en veille " pour actionner plus de fibres dans une même action. Une ressente étude aux US a permis de mesurer que le simple fait de s'entraîner à " penser " que l'on contracte un muscle, permet d'augmenter sa force (voir " Sciences et vie " de Novembre 2004). Si l'on ajoute à cela un travail de prise de conscience de la position de son corps dans l'espace et de la mise en œuvre de chaînes musculaires particulières, le résultat est une augmentation de la force utilisable en combat. Le but final est d'obtenir une entière participation du corps ainsi " uni " dans le mouvement que ce soit pour une frappe, un blocage ou un déplacement.
Frapper avec son bras ou sa jambe est à la portée de n'importe quel combattant. En revanche, faire la même chose en utilisant la force de l'ensemble du corps est le fruit d'un long travail et d'un entraînement spécifique. - Dans un deuxième temps, le pratiquant réduit l'amplitude de ses " petits mouvements " jusqu'à atteindre une immobilité apparente et accélère la fréquence de ceux-ci. Cela aura pour effet d'augmenter la vitesse du flux d'information du cerveau vers les muscles, autrement dit, diminuer le temps entre le moment où l'on décide de faire un mouvement et celui de sa réalisation (meilleurs temps de réaction, augmentation de la vitesse). La décontraction y contribue également. D'où, une autre traduction poétique de Yi Quan : " L'art de faire instantanément ce que le cœur désire ". On opère ainsi concrètement la liaison tant recherchée dans toutes les pratiques martiales : l'union du corps et de l'esprit.

Force Instinctive et Yi
La pratique du Yi Quan développe donc ce que les Chinois appellent la "force instinctive". Cette force est différente de la force musculaire que chaque personne exprime naturellement. Il s'agit d'une force développée par la participation du corps entier au mouvement. Nous avons tous vécu ou entendu parler de situations de stress intense, de peur, de colère ou de peine qui conduisait à déployer une force hors du commun. De même, il faudra plusieurs personnes pour maîtriser un forcené en pleine crise de folie. La force déployée dans ces différents cas est exceptionnelle et provient d'un état émotionnel particulier qui va engendrer un état mental entraînant la participation de tout le corps dans l'action. C'est cette " force instinctive " refoulé par l'homme du fait de son évolution et des conventions sociales que le pratiquant de Yi Quan va s'efforcer à retrouver au travers de son entraînement, sans avoir besoin d'être dans un état émotionnel particulier. Cette force instinctive créée par la participation de tout le corps et guidée par la pensée, est la fameuse " énergie interne " tant évoquée dans les arts martiaux. Elle est toutefois différente de la force que l'on nomme Ying Qi Gong, celle qui permet par exemple, de se coucher sur des clous et se faire casser du granit sur le ventre, plier des barres de fer avec la gorge ou de casser des galets avec un doigt. La principale différence se situe dans le fait que la force instinctive, elle, est disponible à n'importe quel moment et sans concentration préalable.
Chaque personne, selon ses propres données morphologiques et mentales, développe sa propre force. A l'entraînement, l'accent est donc mis sur l'activité mentale, le Yi, qui guide la force. Tous les exercices s'appuient sur des images mentales. Par exemple: on visualise son propre corps comme si, plongé dans de l'eau ou dans de la boue, on se manière souple et décontracté. Ce mouvement permet à la personne d'imaginer et de créer la sensation de résistance de l'espace environnant sans toutefois générer de contraction dans le corps. Sans ce travail intense et permanent de la pensée, sans concentration, sans intention, la pratique des exercices de Yi Quan n'est qu'une gymnastique vide. On ne peut plus dès lors parler de véritable travail interne. Bien sûr, il n'y a pas que le travail mental. Il y a un travail physique très pointu sur les articulations, les tendons et les muscles. Ce travail développe la résistance, l'équilibre et l'efficacité de l'ensemble du corps, tout en le respectant. C'est cette approche spécifique de l'entraînement qui permet de pratiquer le Yi Quan et de progresser jusqu'à un âge avancé. Si on se base sur l'étude des gestes du corps (coups de pieds, de poings, etc.) et des déplacements, c'est à dire de la partie "visible", on peut parler de travail externe.

Force élastique

Forces élastiques et multidirectionnelles Expliqué par Maitre Guo Guizhi, pratiquant de Dachengquan (Yiquan).


Aller au boulot... pratiquons, pratiquons encore et encore.

Se faire des muscles rien qu’en y pensant

Voici l'extrait d'un article , sur les recherches scientifiques de l'influence de l'esprit sur le corps. Les Dachengquanneux apprécieront je pense.


La méditation modifie le cerveau lui-même, mais agit aussi sur le système hormonal, vasculaire et même musculaire. Des adolescents obèses du collège d’Augusta, en Géorgie, ont vu en moyenne leur pression artérielle baisser de 5 points après trois mois d’exercices de méditation réguliers.
[...]
Plus étonnant : la pensée aurait aussi un pouvoir sur les muscles. Des chercheurs de la Cleveland Clinic, dans l’Ohio, viennent ainsi de découvrir que l’entraînement mental peut améliorer la force musculaire, tout comme l’exercice physique. Des volontaires ont été astreints, quinze minutes par jour, durant trois mois, à se relaxer, totalement immobiles, en imaginant qu’ils soulevaient un poids à bout de bras.

A la fin de l’expérience, ils avaient acquis une force musculaire dans le biceps plus élevée que les individus du groupe témoin qui s’étaient, eux, réellement entraînés physiquement ! Explication : la puissance ne dépend pas seulement de la masse musculaire, mais de l’intensité du signal nerveux envoyé par le cerveau aux muscles. La force de la pensée, au sens propre.
source : www.lexpress.fr

Voilà un expérience scientifique qui mets bien en évidence le travail de l'intention (le Yi) que l'on retrouve dans les arts martiaux, et qui a été extrêmement approfondis dans le dachengquan (yiquan) par Wang Xian Zhai ...

L'art de la boxe...





"L'art de la boxe est pratiqué pour améliorer la santé
et prolonger la vie, se défendre en cas d'agression,
éveiller l'esprit, et , éventuellement agir sur le cours du Destin.
"

Sun Lutang

Le courage...


Matriser l'indomptable "soi" en dépit des circonstances et retourner à l'esprit avec un "soi" dressé, se ressaisir à nouveau après chaque mouvement de faiblesse, chaque effondrement et renforcer encore sa détermination, ré-effectuer maintes fois l'engagement de son voeu originel, n'est-ce pas le sens réel du mot courage ?

Soko Morinaga

Le salut - Jingli


le Salut, la paume recouvrant le poing ce nomme "Jingli". On retrouve, avec quelque légére variante parfois, ce salut traditionnel dans toutes les écoles d'art martiaux chinois. Ce salut est réalisé en début et en fin de pratique.


la paume ouverte, symbolise le yin (la lune)
Le poing fermé, symbolise le Yang (le soleil)
l'union des 2 représentes le taiji, l'union des 2 principes yin et yang, qui mettent en route le joyeux bordel de la vie. C'est la recherche de l’harmonie et de d'équilibre, principe fondamental des arts martiaux chinois.

Elle symbolise aussi la maitrise, et donc le travail, la discipline et une certaine sagesse. La paume arrète le poing. L'énergie Yang est maitrisé, tempèré par le yin. La volonté de maitriser l'égo.

Elle marque le respect envers la pratique (le temps et l'espace de pratique), la tradition et envers ses partenaires. même au travers d'un violent combat, l'idée de respect, de justesse ce doit d'étre respecté. C'est l'expression d'une certaine éthique. Au début et à la fin d'un combat on se salut... D'ailleur, un certain langage peut passer dans le salut.
Un salut très affirmé, peut vouloir dire, "On va se confronter de manière franche".
Un salut plus doux, "on va se confronter de manière tranquille, je vais retenir mes coups".

La paume recouvrant le poing, symbolise aussi la paix. la paume arrète le poing.
On retrouve ici l'idée du mot "Wushu" qui signifie "arréter la hallebarde". Les arts martiaux ne sont pas inscrit dans une démarche de guerre mais dans une démarche de paix. Georges Charles parle plus d'art chevalresque que d'art martial. Le terme me semble effectivement plus proche de l'idée d'origine.

Il y a aussi une origine historique à ce salut.
à la fin du 17ième siècle les Mandchous renversent la dynastie Ming.
Se crée alors un courant de résistance, particulièrement dans les écoles d'arts martiaux. Le salut (point/paume) devient le symbole de la résistance Ming.
le point fermé représente le soleil. La paume ouvert représente la lune. Le 2 caractères associés forment le mot "le lumière","clarté" qui se dit Ming...

Le symbolisme populaire voit dans ce salut l’application du proverbe :
"Entre les quatre mers (de par le monde), tous les hommes sont frères".

Voilà ce que dit la fédération de Wushu et sanda sur le salut

La main gauche :
C’est le symbole des quatre océans. La main est droite mais légèrement penchée vers la main fermée droite. Le pouce doit être plié et bien collé sur l’index. Il vous représente et vous situe en tant que pratiquant qui se doit de rester modeste vis-à-vis de l’enseignement qu’on lui porte. Le pouce plié est un signe de modestie, se montrer humble et prêt à recevoir un enseignement. Cette main peut aussi représenter l’érudition, la connaissance, donc toute l’histoire des arts martiaux.
La main droite :
Elle est le symbole des cinq continents. Les doigts forment un poing bien ferme avec le pouce à l’extérieur. Elle représentera le combat, le courage. Les doigts peuvent être légèrement placés vers l’extérieur. C’est un signe de générosité, de don du coeur envers l’autre.
L’union des deux mains :
Elles symboliseront l’artiste apprenti des arts martiaux qui utilise son intelligence du coeur et ses connaissances pour parvenir avec courage au combat sans le sentiment de méfiance et de peur. Le salut représente l’union du Yin et du Yang. Il est le premier geste qui unit. Il ouvre la séance et la ferme.
(source : http://www.federationwushu.org/)

Voyez la richesse de ce simple geste, il posséde aussi une longue histoire, des milliers de pratiquant l'on fait avant vous, des débutants au grands maîtres, alors ne le prenez pas à la légére et prenez en soin.

"L’Art Martial se perd lorsque celui-ci se détourne du salut" (Georges Charles)

Confucius a dit...


L'étre humain perd sa santé à gagner de l'argent
et perd son argent à se refaire une santé.
Il pense au futur, au point d'oublier le présent,
de sorte qu'il ne vit ni dans le présent ni dans le futur.
Finalement, il vit comme s'il n'allait jamais mourir
et il meurt comme s'il n'avait jamais vécu.


Confucius.

Yi jing, stabilité et qigong

Le Yi Jing (yì jīng 易经) n'est a priori pas un recueil de poèmes obscurs.
Le Yi Jing n'est surement pas un traité d'arts énergétiques internes.
Le Yi Jing n'est surtout pas un outil divinatoire hermétique à classer dans le rayon des dérives ésotériques.
Le Yi Jing est un guide stratégique, qui, par un lent processus de distilation des observations, processus propre au pragmatisme chinois, relate 64 situations types, qui se transforment en autant. Il décrit alors des moments devie, et nous conseille une attitude à tenir.

Chacune de ces situations est imagée à travers une mise en scène théatralisée, dont le décor est souvent lié aux légendes antiques chinoises, parfois à l'histoire de la dynastie des Zhou et la fin de celle des Shang, mais, par seulement 2 fois, ce fameux décor est le corps humain :
- l'héxagramme 31 (咸 xián, inciter) présente une situation où un mouvement est créé à partir de soliciations extérieures
- l'héxagramme 52 (艮 gèn, stabiliser) présente une situation où il faut mettre fin à l'agitation interieure pour rétablir son intégrité et ainsi, se préparer à agir

- L'héxagramme 52 (艮 gèn, stabiliser) est celui qui décrit une stratégie des plus compréhensible pour les pratiquants d'arts martiaux internes et de Qi Gong.

Texte du Yi Jing
de l'héxagramme 52
Commentaire

« stalibiliser le dos
sans saisir le corps
agir à la cour sans voir personne
absence de faute»


Il faut commencer par établir un calme intérieur, ne pas chercher à dominer la situation. Le dos est la partie du corps sur laquelle on s'appuie sans la voir, qui gouverne et structure l'ensemble de l'être humain. La cour, citée ici, est un rappel de la structure politique chinoise, caractérisée par sa stabilité. La cour est le centre invisible sur lequel repose le corps social.

« stabiliser les pieds
absence de faute
profitable de durablement tenir bon »


Il faut commencer par s'appuyer sur une base solide, les pieds. La première chose à faire est d'arrêter le mouvement, se poser là où l'on est et ne plus bouger. On dit que « tout commence par un temps Yin », donc un mouvement intérieur, statique. Le mouvement du Qi Gong commence avant l'expression extérieur (donc Yang) de celui-ci.

« stabiliser les mollets
pas de délivrance pour qui suit
le coeur n'est pas joyeux »


Il faut résister à la tendance de se laisser entrainer.
Il faut donc lutter contre la facilité, et le texte nous indique que c'est pas un moment des plus joyeux

« stabiliser la région lombaire
raidissement de la colonne vertébrale
danger le coeur suffoque »


Tenir fermement, se stabiliser, ne doit pas se faire en force, ne doit pas créer de tension, sans quoi le Qi ne circule plus correctement, et le coeur étouffe

« stabiliser le corps
absence de faute »


L'étape difficile est passée, cette fois c'est l'ensemble du corps qui est stabilisé.
« Absence de faute » fait écho où plus, haut, la posture était contrôlé et maitrisé. On a dépassé la tentation de mouvement et de se laisser emporter, on a également dépassé le risque de blocage par les tensions

« stabiliser les os maxillaires
les paroles sont ordonnées
tout regret disparaît »


Stabiliser ne concerne pas que l'intériorité. Une fois le corps calme, les paroles, moyen de communication vers l'extérieur, seront posées et sereines.

« magnifiquement stabiliser ouverture »

L'attitude de solidité et de stabilité est à son apogée, et n'implique pas rigeur et fermeté.
Tout est relié, calme, le corps et l'esprit sont en mouvement vers l'extérieur

« montagne réunies stabiliser »

L'héxagramme gèn peut se décomposer en 2 trigrammes « montagne »
Une double montagne est l'image même de la stabilité. Mais la montagne dans la pensée chinoise n'est pas une barrière ou une frontière où tout s'arrête, mais un lieu de transformation, un passage. La peinture traditionnelle chinoise démontre bien le caractère changeant des montagnes et de cette idée

« l'être accompli ainsi par la pensée
ne va pas au-delà de la situation »


«l'être accompli» est l'idéal, celui qui fait tout comme il faut, celui qui nous dicte une conduite noble (l'énervant diraient certains).
Cette dernière phrase, comme conclusion, pourrait être traduite par « de ce fait, songe à ne pas sortir de sa posture »


Pour résumer, « stabiliser » raconte une situation où il faut calmer le corps et le coeur, assurer sa posture et apaiser ses pensées. Il ne s'agit pas d'une immobilité rigide, mais un affermissement interne sans crispation, pour agir extérieurement sans dispersion.

Le Yi Jing, texte vieux de 3000 ans, est déjà imprégné de toute cette sagesse chinoise qui s'exprime à travers les arts comme le Qi Gong et le Taiji.


Merci à Sylvain pour cet article pertinant.

Qian Genshan - la persévérance


Voici un extrait d'un article sur Qian Genshan, par José carmona (article complet que vous pouvez retrouver sur l'excellent site shenjiying). Ce Maître qui n'a jamais eu de disciple car il se considéré toujours comme un simple pratiquant "Un maître qui s'ignorait et qui allait jusqu'à s'étonner de l'intérêt que vous lui portiez!". Il commença les arts martiaux relativement tard (30 ans), mais grace à une discipline et à un travail régulier il devint un pratiquant complet et reconnu en taijiquan yang, bagua zhang et autres arts du poing, aussi bien dans l'aspect santé que martial.

Au dela de la découverte de ce personnage ce que je trouve vraiment interressant c'est le chapitre du "Manger amer" de cette article, le sens de l'esprit d'effort et la perséverance mis en place pour arriver à ce niveau d'accomplissement, qui m'a beaucoup raisonné ...

La voie royale de la pratique du Wushu est l'enchaînement. Celui-ci a pour fonction de former le corps du pratiquant par l'intégration des principes techniques spécifiques à son école. Notons qu'en Chine, on distingue cette préparation corporelle et énergétique ( ti ) de la préparation au combat ( yong ). La fonction de ces exercices chorégraphiques et stylistiques est de favoriser l'acquisition les "méthodes du corps" ( shenfa ) ainsi que le wen de la boxe, autrement dit ses dimensions énergétique et pro phylactique, et non pas, comme l'imaginent certains, de développer l'habileté au combat, le wu ... [...]

Bien que le maître Qian n'ait jamais limité sa pratique du Wushu à cet aspect purement gymnique, il s'y consacra quotidiennement pendant plus d'une quarantaine d'années comme d'autres se consacrent à une forme d'expression artistique. C'est ainsi qu'il développa une pratique remarquable des séquences du Taiji quan de l'école Yang, du xingyi quan , du tongbi quan et du mian quan . C'était là le fruit d'un entraînement acharné dont les chinois expriment la rigueur par l'expression "manger amer" ( chi ku ). Que l'on recherche la longévité ou l'efficacité, ce n'est qu'en acceptant une telle ascèse que l'adepte pourra, au bout de plusieurs années d'un régime draconien, retirer les bénéfices les plus complets de la pratique et découvrir enfin le "goût sucré" de celle-ci. Nous sommes loin de cette recherche du plaisir immédiat qui caractérise l'attitude consumériste. Sur ce point, le maître Qian était explicite, citant les vieux adages du Wushu à l'appui de son propos :

« L'adepte est comme un épargnant qui économise jour après jour le moindre sou. Au bout de plusieurs années, il aura ainsi amassé une véritable montagne d'or. Pour ma part, je m'entraîne trois heures par jour depuis quarante ans, qu'il vente, qu'il pleuve ou quelles que soient par ailleurs mes occupations. Dans la boxe chinoise on disait autrefois : Un jour d'entraînement, c'est un jour de progrès; un jour de relâchement, c'est dix jours de perdus . On disait également : La boxe s'étudie en trois ans et se perd en trois jours . Aujourd'hui, les mentalités ont changé, les jeunes pratiquent superficiellement et il est à craindre que d'ici une génération, le véritable gongfu (habileté) aura disparu.[...]»

Je vous invite fortement à découvrir l'article complet "Le sourire du Tao" sur le site shenjiying, et de faire un tour sur les autres articles qui vous apporteront un éclairage nouveau sur l'évolution historique du Taiji quan et la dimension martiale originelle de cet art.

Tradition et moderniste

Documentaire sur la place et la survie des arts martiaux traditionnels dans un monde moderne avec le point de vue de grand maître chinois de wushu. très interressant. (documentaire en anglais).

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De la réalité martiale

J'adore cette video, d'abord parce qu'elle me fait bien rigoler et qu'elle illustre parfaitement l'idée que je me fait de la réalité du combat et de l'apprentissage actuel de certain arts martiaux.

Sur cette video vous avez un homme au milieu de ses éléves.
Il les met tous à terre sans même les toucher... (des éléves très complaisant peut étre...)

Ce maitre, persuadé de sa force et de ses pouvoirs exceptionnels, propose 5000 Dollards à qui pourra le battre.

Un boxeur de MMA se présente pour relever le défi.
le MMA (Mixed martial Art), est un sport de combat, pied poing où tous les coups sont permis. Donc les pratiquants savent se battre, savent donner des coups, savent aussi en recevoir. Ils ont l'expérience du combat. "Ils connaissent le gout du sang".

Le combat commence, au bout de 10 secondes le vieux maitre prétentieux ce prend une bonne droite et il en est tout étonné ! Ensuite il se fait rétammer en 30 secondes.



C'est bien beau de faire des katas ou des taolus. Mais dans un vrai combat il y a vraiment quelqu'un en face qui rend les coups.
C'est bien beau d'apprendre des techniques martiales. Tu me donne un coup de poing et je te fais ça... Mais dans un vrai combat vous ne savez pas ce que va faire votre partenaire. Et en plus il ne retiendra pas ses coups. Il est pas là pour nous caresser ou nous apprendre une technique mais pour nous faire du mal.
C'est facile d'étre détendu, bien enraciner, quand on pratique dans le silence ou avec une petit musique d'ambiance... Dans un vrai combat, vous avez l'adrenaline, la tension, la peur. la douleur des coups que vous recevez.

Bref c'est facile de se croire le plus fort quand on se bat contre du vent, ou dans un combat arrangé où l'on connais les coups à l'avance, y'a pas de stresse, on n'est certain de gagner. Dans la réalité d'un combat, il n'y plus aucune certitude, vous pouvez vous prendre des coups, vous pouvez perdre, avoir mal, étre gravement bléssé vous pouvez même étre tuer.

un homme qui aura passe 20 ans à faire des enchainements 6 heures par jours et à apprendre des techniques codifié, face à un jeune homme, 6 mois de boxe, combat et sparring. Pour moi y'a pas photo, je vous conseille de parier sur le jeune boxeur. La preuve en est dans cette video.

Je ne dit pas que les art martiaux sont inéfficaces dans leur réalité martiale, Mais quelque soit l'art, le style, si nous souhaitons étre un peu crédible dans un vrai combat, il me semble indispensable d'ajouter dans nos entrainements un minimun de combat libre, travaille de déplacement et d'esquive... sinon il faut mieux apprendre à courir vite.

Ce petit article est à l'intention de tous les pratiquants d'arts martiaux, qui ne se sont jamais battu de leur vie... Comme moi...!

A quoi sert l'enchainement ?

En taijiquan comme dans beaucoup d'autre arts martiaux (Bagua, Xingyi, Karaté, Shaolinquan, ...) nous avons des chorégraphies de combat codifié.

De mon point de vue l'enchainement sert à former le corps au style pratiqué. En taijiquan elle sert à développer la force souple, le relâchement, l'enracinement, la fluidité et la rondeur du mouvement.
Un enchainement de baguazhang va former le corps à un travail de spiral souple, et de déplacement circulaire et fluide.
La pratique des katas du karaté formera le corps du pratiquant à un style dur et direct. etc...
Encore faut t'il que le pratiquant réalise son enchainement avec de l'intention et de la présence dans ses mouvements, sinon nous n'avons qu'un corps qui brasse de l'air.

A force de pratiquer la forme notre corps enregistre une manière de bouger, une structure de corps, des schémas mentaux se créent dans le cerveau pour que tout ceci devienne naturelle.

Le travail à 2 (Tuishou, Sanshou, Kumité) permet de voir si nous avons bien intégré les principes du style pratiqué, de se tester. C'est une mise en application du travail effectué seul dans son enchainement.

D'une manière plus secondaire, chaque mouvement ayant une finalité martial, la forme peut servir aussi de bibliothèque de techniques martiales.

Mais un pratiquant de taijiquan m'a dit "la forme sert à être oublié". Je trouve cette maxime plein de sagesse.
Effectivement à force de faire la forme on risque de s'enfermer dedans et perdre toutes spontanéités face à une réalité martiale, ou dans l'expression de son art...
A force d'apprendre à tourner à gauche on arrivé à oublier que l'on peut aller dans d'autre direction. C'est pourquoi arrivé à un certain niveau de maitrise de la forme traditionnelle, je pense qu'il est bon d'avoir une pratique plus libre, spontanée, pour justement se libérer des codes et retrouver la spontanéité naturelle si précieuse aux taoistes.

De nos jours et surtout dans le taijiquan, beaucoup enseigne uniquement la forme. Pour beaucoup apprendre l'enchainement du taijiquan est la finalité de la pratique, sans se poser de question sur le sens du geste et les principes internes. Il n'y à aucune racine, aucune unicité du corps, bref y'a la forme mais elle est vide d'essence. Je trouve cela un peu triste de réduire cette pratique à une chorégraphie. A mon avis dans ce cas de figure il doit être plus simple et plus marrant d'apprendre la bourré auvergnate.

D'autre se contente de la forme aussi mais lorsqu'on les regarde on voit qu'il pratique avec le cœur, que leur forme est plein de présence et que l'intention est perceptible dans chaque geste et que les principes internes sont là. C'est ce que j'appel un forme vivante. Ici on ne brasse plus de l'air on met en mouvement le travail interne, et l'aspect santé, le qigong du taijiquan prend tout son sens. On a une forme qui repose sur un fond, un essence vivante.

Et puis y'a ceux qui veulent allez plus loin que la forme et essaye de mettre en application le travail de la forme et d'exprimer le travail interne au delà de la forme en travaillant avec un partenaire le tuishou, le sanshou et le combat libre... on garde le fond, l'essence de l'art mais on se libère de la forme.

Alors à Quoi sert la forme ?
D'un point vu santé, quand l'esprit est présent dans le geste, elle permet de mettre en mouvement l'énergie interne du pratiquant. Selon le style la mise en mouvement de l'énergie interne sera différente.

D'un point de vu martial, elle sert essentiellement à former le corps, à la spécificité du style pratiqué. Mais il faut faire attention à ne pas s'enfermer dans la forme. Une fois les principes bien intégrés nous pouvons l'oublier pour revenir à quelque chose de plus libre et spontané. Apprendre pour oublier.

Mais que vous veniez faire du taiji parce que vous n'osez pas apprendre la bourré auvergnate, que vous voulez vous refaire une santé, ou apprendre un art martial, nous pratiquons tous le taijiquan pour se faire plaisir avant tout...

Les opinions de cet article, n'engage que son auteur et vous êtes cordialement invités à y réagir selon les vôtres.

dureté et souplesse

Voici un extrait du Classique du vide parfait de Lie Tseu, ouvrage classique de la philosophie taoisme. Ce petit extrait qui traite de la force et de la souplesse, de la dureté et de la douceur, exprime parfaitement l'esprit du taijiquan et des arts martiaux internes en général.

Il y a dans le monde une voie toujours victorieuse et une voie qui ne l'est jamais. Celle qui est toujours victorieuse s'appelle douceur. L'autre, la voie qui ne vainc jamais : violence. Elles sont toutes les deux aisées à connaître, mais l'homme les ignore.
C'est pourquoi on disait, dans la haute antiquité : les violents l'emportent sur ceux qui le sont moins qu'eux-mêmes; la victoire des doux provient d'eux-mêmes. Les premiers sont en grand danger dès qu'ils rencontrent leur égal, les seconds ne connaissent aucun danger. De ceux qui de cette façon se domptent eux-mêmes, de ceux qui de cette façon se chargent du gouvernement du monde, on peut dire qu'ils vainquent sans vouloir vaincre, qu'ils gouvernent sans vouloir gouverner.

Maître Yu dit
"Désires-tu la rigidité ? tu l'obtiendras par la souplesse. Désires-tu la force ? Protèges-la par la faiblesse. Pratique la souplesse et tu deviendras ferme. Exerce toi dans la faiblesse et tu deviendra fort. Si tu observes donc avec attention la conduite des gens, tu prévoiras leur avenir, malheur ou bonheur. Le violent vainc celui qui l'est moins que lui, mais quand il se heurte à qui lui ressemble, il lui faut se durcir (il y à risque de cassure); La supériorité du doux étant en lui-même, il possède une puissance sans mesure".

Lao Tseu dit
"Les armes sont-elles puissantes ? Elles seront détruites.
Un arbre est il puissant il se brisera.
Ce qui est mou, ce qui est faible, voilà les amis de la vie.
Ce qui est rigide, ce qui est violent, voilà les amis de la mort"


Voilà, Aaah ! ça nous en bouche un coin, je vous laisse méditer sur cette extrait...;o)